Ipotêtu

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L’espace du son

Olivier Toulemonde

du 3 au 6 décembre 2018

Le titre de cet atelier est à entendre selon deux angles différents : un espace de temps et de lieu consacré au son, dans lequel il est question de sensibilisation à l’écoute, mais aussi un espace d’exploration de l’espace physique, dans lequel l’architecture du lieu est mise à l’épreuve du son.

A travers l’écoute de quelques œuvres sonores, les élèves ont appris tout d’abord à écouter les bruits pour eux-mêmes, détachés de leurs sources visuelles et du sens qu’ils véhiculent et nous avons écouté de près tout ce qui fait la qualité d’un son, en dehors de tout jugement esthétique.

Une fois aguerris à cette écoute en profondeur du bruit, nous avons choisi quelques espaces du collège pour les mettre à l’épreuve du son. Nous avons tenté de voir comment la production sonore peut mettre en lumière les caractéristiques intrinsèques d’un lieu et comment l’architecture de ce lieu peut donner une forme musicale au bruit produit. Pour ce faire, nous nous sommes inspirés de la composition de La Monte Young « Poem for chairs, table, benches, etc… », qui consiste à traîner sur le sol des tables et/ou chaises, de façon à obtenir des sons continus. En s’appuyant sur cet exemple et sur d’autres moyens simples à mettre en oeuvre, nous avons établi des trajectoires sonores dans l’espace, à l’horizontal dans les couloirs ou à la verticale dans les escaliers…

Chaque expérimentation sonore, en lien avec l’architecture du lieu, a donné lieu à une œuvre insérée dans le musée numérique. Ces œuvres prennent la forme de vidéos sonores.

Conformément à l’intention du projet L’ESPACE DU SON, nous avons cherché dans le collège différents lieux/espaces qui se distinguaient des autres par leurs caractéristiques acoustiques et géométriques. Par ailleurs, nous avons choisi de ne garder que des espaces partagés, à savoir des lieux de vie et d’apprentissage collectifs comme le 3C, ou des espaces intermédiaires de passage comme les couloirs ou les escaliers.

Pour chacun des espaces choisis, nous avons tenté d’utiliser ses caractéristiques acoustiques et géométriques afin de créer in situ une composition sonore qui vienne éclairer sa dimension architecturale.

Le 3C : Lieu de documentation, de lecture et de silence, cet espace nous a amené à travailler sur la voix, et notamment la voix chuchotée. Les participants ont chacun choisi un livre de la bibliothèque, se sont répartis en différents points de l’espace et on lu leur livre en chuchotant.

Chemmi s’est déplacée dans l’espace, micros à la main, pour aller entendre au plus près le son de la voix de chacun des participants, sans jamais s’arrêter longuement sur l’un d’entre eux. Plus que des histoires et récits, que l’on entend que par bribes, ce qui nous est donné à entendre est l’intimité de chaque voix, comme si elle venait nous raconter un secret à l’oreille. Intimité renforcée par la fragilité de la lecture, sorte de mise à nu pour chaque participant. On retrouve dans cet enregistrement sonore l’essence de ce lieu, à savoir la double dimension individu/collectif d’un lieu partagé dans lequel chacun vient individuellement travailler, explorer, se nourrir ou se reposer.

Les couloirs : Les couloirs du collège apparaissent comme de grands traits qui séparent ou relient les différents espaces. D’un point de vue sonore, ils nous semblent particulièrement intéressants car ils portent en eux une temporalité – le temps nécessaire pour traverser cet espace – qui est une caractéristique essentielle du son. En effet, si une image peut se voir instantanément, le son ne peut s’entendre que sur la durée. Le couloir en est donc une parfaite métaphore car on peut en voir le bout immédiatement, mais il nous faudra un temps conséquent pour le parcourir. Nous avons choisi de faire « sonner » deux couloirs différents en frottant sur le sol différentes chaises, d’un bout à l’autre du couloir, de façon à obtenir un son ininterrompu. Il en résulte une longue plainte sonore continue, produite par deux individus dont l’action appliquée semble aussi dérisoire que sérieuse.

Les escaliers: Les escaliers nous intéressent pour leur verticalité. Ils sont des espaces intermédiaires de passage. Passages obligés d’un niveau à un autre. Ce sont aussi des lieux de mouvement, de flux, avec une forte concentration de personnes à certaines heures, au moment précis des inter-cours. Nous avons donc choisi de faire entendre cette double caractéristique flux/verticalité, par le déversement et la chute de 600 balles de ping-pong.

Intervenant : Olivier Toulemonde.

Liste des élèves participants à l’atelier « L’espace du son » :

Enzo Etchessahar, Maëva Hervas, Chemssy El Gharbi, Valentine Rios, Arnau Bignon, Léa Minjou, Salomé Jubely, Rémi Chastain, Marina Bruneau, Alexia Akouete Daniela Francisco Bernardo Anna Palay, Anaïs Richmond.  

Enseignants et personnel éducatif associé : Benoît Cazaubon et Christophe Suarez.

Le jardin d’Ipotêtu

Lyn Nékorimaté

Les chorégraphies d’Ipotêtu

Lyn Nékorimaté & Sébastien Garciaz

L’espace du son

Olivier Toulemonde

Déambulations stratigraphiques

Elsa Mazeau

Mémoire et poétique de la carotte

Elsa Mazeau

Prospections mémorisées

Laurence Cornet

Performer la façade

Elsa Mazeau

Fantômes du paradis

Yu-Ting Su & Fabrice Cotinat

Fantasmagories

Fabrice Cotinat & Yu-Ting Su

La galerie de portraits

Jean Paul Labro

La grande sphère

Jean Paul Labro & Sébastien Garciaz

Le studio d’Ipotêtu